Lundi 19 janvier 2009

(... suite de l'article précédent) Plus énervant que pathétique ce courrier du président et des vice-présidents de la CPU adressé au président de la république et qui circule en ce moment dans nos messageries. On y retrouve pêle-mêle la dénonciation de la baisse des budgets, la modification du décret de 1984 sur nos services, la réforme de la formation des enseignants, la reconnaissance des diplômes délivrés par des instituts catholiques… Quelques exemples en réalité d’une même politique d’atomisation de l’enseignement supérieur par la mise en concurrence des universités (organisation de la pénurie, public contre privé-catho, IUFM contre facs, modulation des services et primes,…). A moins que les nouvelles instances de la CPU (élues le 22/12/2008) n’aient changé leur fusil d’épaule, il est affligeant de voir dénoncé toutes ces dérives par ces même instances qui, il y a un an, signaient des deux mains la loi LRU permettant justement cette mise en concurrence. « L’élan collectif [pour les réformes] est manifestement engagé », ne s’applique « manifestement » qu’aux membres de la CPU qui, amadoués par le président de la république et la ministre, trahirent leurs collègues enseignants-chercheurs ignorés lors des pseudo-concertations au sujet de cette loi.

A signaler aussi le mouvement initié par nos collègues de la FSESJ, qui ont décidé « de ne pas réunir les jurys et par voie de conséquence de reporter à une date ultérieure les dispositifs pédagogiques et les sessions de rattrapage du premier semestre ». Ceci, pour dénoncer la baisse des moyens et le projet de modification du décret de 1984. Il ne s’agit pas ici de débattre de ce sujet, ni de discuter de l’engagement remarquable de nos collègues, mais de rappeler qu’à notre sens, ce projet de modification des statuts est contingent à la loi LRU car c’est elle qui, en donnant les pleins pouvoir aux présidents, permet son application locale avec tous les risques que cela comporte. Contingent également de par sa philosophie qui étend le modèle de concurrence jusqu’entre collègues, au travers de la modulation des services imposés par une super-présidence se basant sur des évaluations qui échappent à notre communauté. La surprise de certains, l’isolement déjà d’autres, et le rythme des réformes révèlent combien il était nécessaire de faire tous ensemble barrage à la LRU et rappellent tristement la très faible mobilisation contre celle loi sur notre campus (à suivre...).
Par Laurent VONNA
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus