Mardi 24 mars 2009
Article du Comité de Vigilance publié dans la revue Rive Gauche - Mars 2009  (Journal d’information trimestriel des élus socialistes et républicains au Conseil Municipal de Mulhouse - http://www.nspm.fr/)

"L'Accord Général sur le Commerce des Services qui prévoit la création d'un "marché des services éducatifs" et la stratégie de Lisbonne qui doit permettre à l'Europe de devenir d'ici 2010 "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde...." sont deux concepts à l'origine de la Loi sur la Responsabilité des Universités (LRU) imposée sans concertation par le gouvernement. Cette loi aujourd'hui très controversée menace directement l'avenir de l'Université de Haute Alsace (son site mulhousien et colmarien).

L’université de Haute Alsace se caractérise par des liens étroits et anciens avec le monde de l’entreprise. Les sciences dures (physique, chimie,… ) comme les sciences humaines et sociales ont ainsi développé des formations professionnalisantes appréciées du monde industriel. Cependant, le nouveau mode d’évaluation et de classement des universités basé exclusivement sur l’activité de recherche met à mal ce particularisme de notre université et son interaction avec le tissu social et économique local. Ainsi se retrouvent déjà menacées des filières qui ne rentrent pas dans ces critères d’évaluation alors qu’elles répondent de façon satisfaisante à des besoins locaux.

Tous les politiques (ville de Mulhouse, Camsa, département) complices du gouvernement, ont approuvé cette idéologie de mise en concurrence, présentée comme l’unique moteur d’une recherche et d’un enseignement supérieur efficace, mise en concurrence qui risque d’être catastrophique pour une petite université pluridisciplinaire comme la nôtre. Ainsi, alors que la création et l’animation de filières professionnelles coûtent de fait, plus cher qu’une filière généraliste, les seuls cadeaux faits à l’Université de Haute Alsace pour le passage anticipé à l’autonomie (c’est à dire l’application de la LRU) sont la suppression de 4 postes et une baisse conséquente de son budget !"

Cette mise en concurrence des universités dans un contexte de pénurie organisée risque très certainement d’appauvrir l’Université de Haute Alsace dans son offre de formation (par migration des budgets et des postes vers les grands pôles universitaires, comme celui voisin qu’est l’Université de Strasbourg). En faisant le choix d’abandonner l’Université de Haute Alsace qui participe au dynamisme et à l’attractivité de la ville, c’est Mulhouse et les mulhousiens que Jean-Marie Bockel et ses adjoints ont abandonné dans une compétition perdue d’avance. Dans cette mutation nationale du paysage de l’offre d’enseignement supérieur, ce sont les populations les plus pauvres, éloignées des systèmes sélectifs et confinés géographiquement, qui verront se réduire leurs possibilités de formation. L’université de Haute Alsace, Mulhouse et les mulhousiens, comme tout le département du Haut-Rhin, méritaient mieux que ce lâche abandon."
Par Laurent VONNA
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