Lundi 27 avril 2009
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Aux universitaires qui tendent l’oreille pour entendre la parole de nos ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale, répond le silence, le silence assourdissant de ceux qui
semblent avoir déserté leurs positions. Mme Pécresse est occupée par la campagne des européennes, qu’elle semble prendre plus au sérieux que sa collègue du gouvernement Mme Dati ; quant à M.
Darcos, j’avoue ne pas savoir quel nouveau strapontin il vise, à moins tout simplement qu’il ne boude après avoir du capituler en rase c

ampagne devant les lycéens puis devant les étudiants.
Pendant que le silence règne, cependant, les affaires continuent, ainsi que les coups bas. Profitant des vacances universitaires, la Ministre vient de faire passer son décret sur le statut des
enseignants-chercheurs. Quel haut sens tactique, quelle grandeur politique, quel respect envers ses fonctionnaires que cette réitération de la mascarade de la LRU votée pendant l’été 2007 ! Un
syndicat, l’Autonome, s’est félicité de la réécriture indigente d’un texte indigne…La ministre a les soutiens qu’elle mérite, et ce n’est pas celui de la communauté universitaire.
Elle ne dit rien par ailleurs, n’engage pas les discussions et ne décide rien quant au volet mastérisation de la formation des maîtres, tandis que son alter ego primaire et secondaire (oups, DU
primaire et DU secondaire) a reproduit à l’identique les concours pour 2010. Ainsi, est créée par les ministres eux-mêmes une situation kafkaïenne, à moins qu’elle ne soit ubuesque, dans laquelle
les étudiants souhaitant s’engager dans la carrière enseignante ne savent RIEN de ce qui les attend à l’heure où qu’ils doivent se pré-inscrire. Les formateurs dans les universités et dans les IUFM
ne savent rien à l’heure où ils doivent élaborer des maquettes de formation qui engagent l’avenir. Ce silence, plus qu’une absence ou un abandon, révèle une tactique de pourrissement du mouvement
des universités.
Après avoir gouverné avec brutalité, avoir mené campagne contre l’Université à la hussarde, voilà que nos ministres, contraints à la reculade, la transforment en débandade, désastreuse une seconde
fois pour l’université.
Décidemment, ces deux dernières années auront révélé les deux facettes complémentaires de la politique gouvernementale : après la brutalité de 2007 et 2008, l’Université a eu droit à l’entêtement
du début 2009 et connaît maintenant l’abandon, à la fois entêté et brutal.